Le délicat sujet du lait de vache

Ce mois-ci, Amanda notre naturopathe préférée, nous informe sur tout ce que l’on ne nous dit -surtout- pas à propos du lait de vache!

Rassurez-vous, il y a heureusement des alternatives qu’Amanda nous décrira dans un prochain article!

Place à Amanda:

« Dès que l’on est parent, on est amené à devoir prendre une multitude de décisions quant à l’alimentation de son enfant. Sur l’allaitement, l’âge de la diversification alimentaire,  …et bien sûr la quantité et la qualité des laitages !

On en vient à se poser beaucoup de questions pour « faire au mieux », mais force est de constater qu’il n’est pas évident de se repérer dans les différents discours passionnés dès qu’il s’agit du lait de vache. Et surtout, chaque enfant, chaque situation est différente. Car si certains supportent plutôt bien les laitages en quantité modérée, pour d’autres l’exclusion du lait de vache est un facteur important de retour à la santé !

Alors aujourd’hui, on s’attaque à cette question délicate, et on essaie d’y voir plus clair.

Que reproche-t-on  au lait de vache ?

1)      Une forte teneur en protéines, moins digestes et irritantes,  qui peuvent être responsables de troubles plus ou moins importants.

-          La beta-lactoglobuline, absente du lait maternel, peut entraîner des phénomènes d’intolérance : troubles digestifs, chocs allergiques, éruptions cutanées, diarrhées …

-          La caséine irritante, 3 fois plus présente dans le lait de vache.

On peut, à l’inverse, noter la très faible teneur en lactoferrine dans le lait de vache. Cette protéine, 5 à 10 fois plus concentrée dans le lait maternel, est antibactérienne, antifongique, antivirale. Elle permet d’équilibrer la flore intestinale de l’enfant (maintenant appelée microbiote), et soutient son système immunitaire.

 

Protéines

Lait de vache

Lait maternel

Teneur 3,2gr/100mL 1,03gr/100mL
caséine 75% 25%
lactoglobuline Beta-lactoglobuline (grosse molécule) Alpha-lactoglobuline (plus petite)
Lactoferrine Faible quantité 5à 10 fois plus !

 

2)      Le problème du lactose, le glucide du lait. Ici il faut dissocier l’enfance de l’âge adulte car on n’y réagit pas de la même façon.

-          Dans la petite enfance, nous possédons l’enzyme capable de dégrader le lactose (la lactase). Et elle nous est bien utile : car digéré, le lactose génère notamment le galactose, sucre qui joue un rôle important dans le fonctionnement du système nerveux (rôle important dans la synthèse de la myéline). Hors le lait de vache en contient deux fois moins que le lait maternel.

-          A partir de 5-6 ans, et à  l’âge adulte par contre, de nombreuses personnes n’expriment plus cette enzyme précieuse. Les bactéries intestinales sont donc forcées de  digérer ce sucre. *

Résultat ? De nombreux produits de dégradation toxiques qui altèrent la muqueuse intestinale pour passer ensuite dans le sang, pouvant ainsi affecter notre système nerveux, nos muscles et notre immunité. Bref, en cas d’intolérance au lactose (qui touche minimum 5 millions de français d’après Thierry Souccar), les effets se retrouvent bien au-delà de la sphère digestive.

Un aperçu des manifestations : douleurs abdominales, diarrhées, vomissements, nausée, maux de tête, sensation de vertige, fatigue intense, difficulté à se concentrer, allergies, maux de gorge…

Il existe un test qui permet de statuer sur l’intolérance au lactose : la mesure de l’hydrogène expiré après ingestion de 50g de lactose (ou 1g/kg chez l’enfant). Mais vous pouvez aussi tout simplement exclure provisoirement les laitages de vache de votre alimentation ou de celle de votre enfant (lait, yaourts, crème fraîche, crème glacée …) sur 3 semaines minimum et constater si vous constatez un soulagement et une amélioration.

Pour vous remonter le moral, sachez qu’en cas d’intolérance, une faible quantité de lactose peut néanmoins être supportée (le seuil de tolérance étant différent pour chaque personne). Donc vous pouvez vous octroyer quelques petits plaisirs de temps en temps.

3)      Un mauvais équilibre des graisses :

Dans le lait de vache, 70% des lipides sont des acides gras saturés, c’est-à-dire ceux que l’on cherche à limiter pour veiller au bon fonctionnement cardiovasculaire.

A titre de comparaison, sachez que le lait maternel comporte 55% d’acides gras insaturés, 6 fois plus que le lait de vache ! Et ces « bonnes graisses » sont à trouver absolument dans notre alimentation car le corps humain ne sait pas les fabriquer tout seul.

4)      Un calcium pas bien assimilé :

Bien sûr, ceux qui poussent à la consommation de laitages mettent en avant la forte teneur en calcium du lait. Impossible de le nier, il en contient 4 fois plus que le lait maternel.

Oui, mais quelle est son assimilation ?

On sait qu’un déséquilibre du  rapport calcium/ phosphore (0,5 à 0,8) ne permet pas de bien assimiler le calcium. Et c’est ce qui se passe pour le lait de vache. Cet excès de calcium non assimilable va provoquer un encrassement de la muqueuse intestinale, et aggraver le phénomène de porosité. Le corps réagit souvent par un excès de production de mucus, de glaires pour évacuer ces excès qui saturent le système digestif dans son intégralité.

5)      La sollicitation à outrance du pancréas (index insulinémique élevé).

J’avais envie de le rajouter ici, car les régimes à IG (index glycémique) bas sont beaucoup mis en avant en ce moment et avec raison. Avec l’explosion des cas de diabète et de résistance à l’insuline, l’équilibre glycémique dans son alimentation devient un véritable enjeu de santé.

Par contre, l’index glycémique du lait est trompeur ! En effet, il a un IG bas, ce qui signifie qu’il n’occasionne pas de pic de sucre dans le sang juste après son ingestion. Mais ce que l’on ne dit pas assez, c’est qu’il occasionne néanmoins un brusque pic d’insuline. Le pancréas est donc mis à rude épreuve si l’on a tendance à abuser des laitages.

Voici pour les principales caractéristiques des laitages, qui vous amèneront je l’espère à tempérer votre consommation. Comme pour tout, c’est le juste équilibre qui compte, et il n’est pas nécessaire de se « forcer » à consommer des laitages pour avoir son quota de calcium, la nature nous offrant tellement d’autres possibilités (ce sera peut-être le sujet d’un nouvel article !).

 Ce qui doit nous alerter chez l’enfant :

Si votre enfant a beaucoup de régurgitations, s’il cumule les infections, notamment de la sphère ORL ou encore s’il souffre de désordres intestinaux à répétitions, alors il peut être utile d’en discuter avec votre pédiatre.

Un complément de lait de jument, ou une alternative au lait de vache peuvent être des pistes à explorer.

Je vous donne rendez-vous dans le prochain article pour vous expliquer touts les bienfaits et les limites des autres laitages ou boissons végétales.

En effet, en fonction de l’âge de l’enfant, le choix ne se portera pas sur les mêmes produits et certaines erreurs sont éviter.

Si vous avez envie d’aller plus loin sur ce sujet (et oui, il y aurait encore de nombreuses choses à dire !), vous pouvez par exemple vous plonger dans la lecture du livre de Thierry Souccar « Lait, mensonges et propagande ». Vous y trouverez de très nombreuses références scientifiques et d’études cliniques.

Amanda VELEZ

Praticienne de santé naturopathe

www.naturopathe-paris.net »

 

A bientôt!

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